Si je n'écoutais que la voix de mon sang, le poison en mes veines me rongerait plus vite que les ténèbres enveloppent la lumière un jour de pluie. Mais comment réprimer cette voix, qui me vient de l'intérieur ? Elle est ma seule compagne, mon unique raison quand je me perds. Je ne peux la trahir, car elle est ma force, elle est ma vie. Celle qui me permet, de mes mains, de créer ce que je suis au plus profond de mon âme, aussi sombre et étrange celle-ci soit-elle. Mais elle m'éloigne du chemin de lumière que je me suis choisie. Elle me tue à petit feu, me fait sombrer dans des ténèbres troublantes, épaisses, et étouffantes. Elle m'étouffe tellement, m'afflige un poids douloureux à porter, comme un fardeau dont je ne peux me défaire, m'empêche de purger ma douleur par des mots, m'empêche de mettre le doigt sur ce qui me ronge, sur ce qui me tue, jour après jour. J'aimerais ne plus avoir besoin de ce sang, ce sang plein de malice et de souffrance qui coule en mes veines, mais je ne le peux pas. Je hais ces sombres désirs plus que tout, mais je suis celle qui, malgré tout, en a le plus besoin. Sur ce paradoxe repose certainement ma vie. Si je veux briller en mon coeur, je dois vivre entre ombre et lumière, puisque c'est de leur union que je dépends. J'ai tout fais pour m'en détacher, et voler de mes propres ailes. Mais même si je me vidais de tout mon sang, je ne pourrais libérer celui-ci de l'emprise de cette voix. Je ne veux pas mourir, pas maintenant. Je veux me sentir vivante, et si, pour ce, je dois vivre éternellement dans la douleur...
____Mélancolie, ma chérie, tu ne me laisseras jamais seule, jamais, n'est-ce pas ? Je dépends de toi, alors même si tu me tue un jour, tant pis, ça m'est égal si tu me trahis...
♪ Rentrer en soi ~ Last Word.